1/7) Faut-il absolument créer un bassin de retenue? / Est-ce que le drainage naturel existant sera détruit par la construction d’un bassin de retenue?

Ce bassin doit être aménagé et constitue une mesure proactive et préventive destinée à réduire le plus possible les risques d’inondation dans la zone du parc Wynwood. Ce projet a été approuvé par le Conseil lors des délibérations du budget des projets d’immobilisations de 2019.

La nécessité d’aménager un bassin de retenue au parc Wynwood est liée aux anciens travaux et aux travaux récents de construction résidentielle dans cette zone. La conception du bassin permettra de résoudre le problème causé par l’accroissement du ruissellement des eaux pluviales, en réaménageant une zone naturelle pour que l’eau s’écoule. Il s’agirait à nouveau d’une mesure proactive et préventive pour le quartier.

Le terrain actuel du parc Wynwood désigné pour ce projet, dans son état actuel de surface relativement plane, ne retient pas l’eau et n’assure pas le drainage voulu. C’est la raison pour laquelle il faut construire un bassin, afin d’améliorer le drainage de la zone et de réduire la possibilité d’inonder les sous‑sols et les rues.

Dans tous les nouveaux travaux d’aménagement, les promoteurs doivent planifier les travaux de manière à prévenir les risques d’inondation liés au ruissellement des eaux de pluie et causés par les travaux de construction. Détails :

La Ville de Moncton a adopté un arrêté qui prévoit une « hausse nette de zéro » du ruissellement des eaux pluviales en raison des travaux d’aménagement. Quand on aménage des terrains, on transforme un paysage naturel en paysage artificiel, ce qui augmente à la fois le taux et le volume des eaux pluviales, puisque les surfaces dures gardent les eaux de pluie au lieu de les absorber.

Afin de compenser cette augmentation du débit et du volume des eaux pluviales de ruissellement, on a construit un bassin de retenue. Le débit des eaux pluviales de ruissellement qui peuvent se déverser dans ce bassin augmente; or, le débit des eaux pluviales qui sortent du bassin de retenue doit absolument être maîtrisé. Le débit maîtrisé des eaux pluviales rejetées est établi en fonction du débit de rejet avant les travaux d’aménagement. Il faut retenir les eaux de pluie dans tous les nouveaux lotissements résidentiels, de même que sur tous les terrains où l’on trouve des immeubles d’appartements et des immeubles d’entreprises

2/7) Pourquoi ce projet est-il jugé prioritaire, lorsque le quartier n’a pas connu de problèmes d’inondation jusqu’à présent?

La construction du réseau de décharge des eaux pluviales et du bassin de retenue viendra réduire la probabilité d’inondations dans les rues et les sous‑sols en raison des refoulements d’égout, qui relèvent de la responsabilité de la Ville, selon son point de vue, et qu’il faut corriger grâce à des mesures proactives afin de réduire sa responsabilité.

Ces travaux sont programmés selon le principe voulant que des inondations comparables se soient produites dans d’autres quartiers; or, la zone du parc Wynwood et le chemin Highlandview font partie d’une zone à risque d’inondation.

3/7) Quelles sont les différences principales entre un bassin ‘humide’ (naturalisé) et un bassin ‘sec’ (traditionnel)?

Les deux options maîtrisent le risque d’inondation dans la zone.

Cependant, le bassin naturalisé rehausse aussi la qualité des eaux pluviales et permet la création d’un écosystème naturel (habitat). En voici un exemple :


4/7) Quel type d’écosystème peut être créé dans un quartier résidentiel, à l’aide d’un bassin de retenue naturalisé (‘humide’)?

La Ville collabore avec l’organisme à but non lucratif Ducks Unlimited. Des experts choisissent les plantes adéquates pour notre environnement et notre climat, ce qui attirera la faune qui assure un contrôle naturel des insectes/animaux nuisibles. D’ailleurs, le travail de maintenance qui devra être effectué par la Ville sera ainsi réduit au minimum.

Pour de plus amples renseignements : https://www.canards.ca/notre-travail/native-plant-solutions/ 

D’après l’expérience que nous avons vécue jusqu’à maintenant avec le bassin de retenue naturalisé du parc Fairview Knoll (construit en 2017), outre les insectes et amphibiens prédateurs qui s’installent dans le bassin de retenue naturalisé, nous avons observé des bernaches du Canada, des canards colverts et d’autres variétés de canards, des oiseaux de rivage, ainsi que certains oiseaux chanteurs migrateurs.

5/7) Est-ce que l’eau se trouvant dans le bassin augmente la présence d’animaux nuisibles (ex. moustiques, mouches noires ou rongeurs)?

Superbe question! Selon les experts :

Moustiques : Les moustiques ont tendance à se reproduire dans les eaux stagnantes peu profondes et à se réfugier dans les herbes hautes. Les populations de moustiques sont florissantes quand il n’y a pas de prédateurs naturels pour les larves de moustiques. Un bassin de retenue naturalisé est conçu pour des eaux plus profondes, en sélectionnant attentivement les plantes aquatiques (afin de créer un environnement constituant une chaîne alimentaire d’insectes aquatiques prédateurs).

Les libellules, les demoiselles, les nymphes, les dytiques, les corises et les notonectes comptent parmi les insectes prédateurs répandus qui se nourrissent de larves de moustiques.

Autrement dit, un bassin sec (avec de l’eau stagnante peu profonde) aura vraisemblablement pour effet d’accroître la présence de moustiques.

Mouches noires : À la différence des moustiques, les mouches noires ont besoin d’eaux vives plus profondes pour se reproduire et pour que les larves se développent. Le bassin de retenue naturalisé ne crée pas d’environnement propice aux eaux vives. En outre, une sélection attentive de plantes aquatiques pour un bassin naturalisé (humide) crée un environnement qui constitue une chaîne alimentaire d’insectes aquatiques prédateurs.

Rongeurs : Qu’il s’agisse d’un champ dans son état naturel, un bassin de retenue sec ou un bassin humide, la population des rongeurs demeurerait sensiblement la même.

6/7) J’ai de jeunes enfants. Le risque de noyade m’inquiète beaucoup, avec l’ajout d’un étang à côté du terrain de jeux.

Soyez rassurés que les bassins de retenue traditionnels (secs) et des bassins naturalisés (humides) soient conçus en pensant d’abord à la sécurité.

On le fait en créant une barrière naturelle (clôture) et en sélectionnant des plantes et des arbustes pour empêcher qui que ce soit de s’approcher du bord du bassin.

De plus, puisque l’inclinaison est très légère (c’est un peu comme si on marchait sur une plage pour se rendre à la mer), et non brusque, même un bambin qui franchirait cette barrière pourrait au besoin sortir du bassin en marchant ou en rampant.

Voici un exemple d’un bassin naturalisé, provenant d’une ville au Canada :


7/7) Le terrain choisi pour ce projet paraît très petit. Y a-t-il assez d’espace pour construire un bassin de retenue adéquat?

La taille d’un bassin de retenue est liée à celle du réseau d’égout pluvial qui alimente le bassin de retenue, et à la capacité du réseau d’égout existant qui draine le bassin de retenue selon un débit maîtrisé.

Dans le cas du bassin du parc Wynwood, le réseau d’égout en amont est relativement modeste. Le réseau de décharge de l’égout pluvial et le bassin de retenue sont conçus pour compléter le réseau d’égout pluvial existant.

Pour ce qui est de la maîtrise des inondations, la zone  non aménagée du parc Wynwood est assez vaste pour construire un bassin de retenue qui serait conçu pour résister à une tempête majeure qui survient statistiquement tous les 100 ans, en plus d’accommoder 20 % de précipitations au‑delà de ce scénario, pour tenir compte du changement climatique attribuable au réchauffement planétaire.

La superficie prévue pour ce projet est donc largement suffisante.